AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 chronique AGORA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: chronique AGORA   Mer 7 Aoû - 14:42




Paris, mercredi 07 août 2013


L'emploi US, pas aussi rose qu'il y paraît...

Par Jason Farrell

- Les derniers chiffres publiés par le Bureau américain des statistiques de l'emploi (BLS) ne sont guère favorables. Les médias comme le gouvernement se réjouissent de la création de nouveaux emplois et du déclin du taux de chômage à 7,4%. Désolé, mais les choses ne s'arrangent pas, en réalité. Il suffit de regarder les détails pour s'en apercevoir.

Sur les 162 000 emplois créés aux Etats-Unis en juillet, seulement 35% étaient à plein temps. Le site Zero Hedge a noté que les chiffres de juin étaient tout aussi inquiétants : les emplois à temps partiel ont explosé de 360 000, tandis que les emplois à plein temps ont chuté de 240 000. Ces chiffres viennent des données du BLS.

l y a pire : 60% des emplois créés en juillet sont allés à des travailleurs âgés de plus de 55 ans. Seuls 15 000 ont été créés pour des travailleurs de 25 à 54 ans. Sur les quatre dernières années, l'emploi des plus jeunes a semblé ne faire qu'empirer. Les travailleurs entre 16 et 54 ans ont encore des millions d'emplois à récupérer suite au credit crunch de 2008.

Les Etats-Unis se transforment lentement en une nation de cuisiniers de fast-food et manutentionnaires -- pour la plupart des seniors en "retraite active". Les implications pour l'économie sont graves.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 8 Aoû - 12:38

L'indicateur de sentiment du marché haussier à 49% : méfiance !
Mathieu Lebrun

- La période des trimestriels s'achève -- que faut-il en retenir pour vos investissements dans les prochaines semaines ?

Quand je me penche sur Wall Street voilà ce qui me frappe :

- Des financières qui ont toutes affiché une santé insolente (merci le trading pour compte propre ! Soit dit en passant, n'était-il pas censé être régulé par les politiques ?).
- Des cycliques dont les ventes stagnent. Qu'on en effet en commun des leaders comme UPS, Coca-Cola, Intel, eBay, ou encore General Electric ? Elles ne présentent aucune croissance de leur chiffre d'affaires. Peu engageant.

Dans l'Hexagone, pour le moment, je dois dire que je ne suis pas emballé plus que cela quand je vois les cas de L'Oréal ou encore de STMicroelectronics. Désolé mais contrairement à la maxime ambiante, j'ai du mal à me dire que tout va bien dans le meilleur des mondes.

- Il en va de même sur les marchés
Quand on regarde la situation des cours, la structure actuelle me semble ici aussi à risque.

En effet, le S&P 500 inscrit de nouveaux sommets -- mais avec des indicateurs techniques en situation de divergence baissière. Premier élément de prudence, d'autant que techniquement, le haut du canal ascendant va vite être en opposition.

les indices de volatilité implicite, VXN (indice de volatilité du Nasdaq) et VIX, sont au plus bas.

Bref, j'ai l'impression qu'une correction guette plus qu'autre chose. D'ailleurs, même le AAII Investor Sentiment Survey (mesurant le sentiment des investisseurs) illustre une probable zone rouge à court terme sur les marchés. Voilà la lecture récente de cet indicateur de sentiment qui mesure l'opinion du marché

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 19 Aoû - 16:47

La Fed prépare les marchés... à l'inaction
La période estivale n'a pas été perdue pour tout le monde. La Fed en a profité pour lancer divers ballons d'essai sur ce que la presse anglo-saxonne a qualifié du doux de nom de "taper", à savoir le ralentissement progressif de ses mesures de soutien à l'économie et surtout du fameux quantitative easing.

Jusqu'à présent, la Fed rachetait pour 85 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et d'actifs toxiques pour soulager marché obligataire et banques.

Mais une telle politique n'a pas que des avantages – je ne vous apprends rien, certains la considérant même comme totalement inutile voire contreproductive. Si bien que la Fed aimerait un jour ou l'autre y mettre fin, craignant à moyen terme que ces milliards imprimés ne lui reviennent sous forme d'inflation incontrôlable. A chaque fois que cette hypothèse a été évoquée par l'un ou l'autre membre de la Fed, l'effet a été immédiat : les Bourses ont chuté et les rendements obligataires ont grimpé, signe que les marchés n'appréciaient pas du tout cette perspective.

La Fed est d'autant plus prudente qu'elle ne veut en aucun cas provoquer une remontée brutale des taux obligataires... et provoquer un krach du même nom. La banque centrale américaine tente donc de mithridatiser les marchés en leur injectant régulièrement des déclarations sur le ralentissement du QE, espérant qu'ils finiront par se faire à l'idée.

La dernière injection date de mi-août. Le président de la Fed d'Atlanta, Dennis Lockhart, a évoqué réduction des achats (de 10 milliards de dollars) dès septembre prochain. Des propos immédiatement tempéré par un rappel de la ligne directrice de la Fed : tant que le chômage restera important (il a atteint 7,4% en juillet contre 7,6% en juin) et la croissance anémique (1,7% au second trimestre), la Fed poursuivra sa politique. Ce qui laisse une bonne marge de manoeuvre à Ben Bernanke.

Mon hypothèse : pendant longtemps, j'ai cru tout arrêt du QE impossible... aujourd'hui, mon opinion sur la question a (très) légèrement évolué car la Fed semble bien décidée à passer par la case "taper" pour prouver au monde qu'elle n'est ni laxiste ni suicidaire.

Un ralentissement en septembre est donc probable. Un ralentissement qui sera progressif pour prendre la température des marchés. Quant à l'arrêt du QE et une remontée des taux directeurs de la Fed, ils me semblent toujours aussi improbables. La Fed va se fixer un échéancier mais celui-ci a de grandes chances d'être remis en cause par les données économiques (croissance et chômage).

L'Europe se prépare à une nouvelle crise
La crise de l'euro s'est mise en sommeil au cours des dernières semaines. Une apathie confortée par les chiffres de la croissance européenne. Selon Eurostat, la zone euro est enfin sortie de la dépression avec une croissance de +0,3% au 2e trimestre, contre -0,3% au 1er. En attendant, nombre de pays restent en récession (Italie, Grèce, Espagne, Chypre mais aussi les Pays-Bas et la Suède) et surtout les ferments de la crise de l'euro sont toujours présents.

L'état des banques européennes inquiète toujours. "L'Europe reste à la merci de ses banques", titrait Le Monde le 9 août dernier, résumant bien la situation. Au passage, signalons que les Echos, pris d'une inquiétante bouffée d'optimisme, annonçaient "Les grandes banques européennes sortent du long tunnel de la crise" le 13 août.

Qui croire ? Malheureusement, sans aucun doute, les pessimistes. Les banques européennes sont les plus dangereuses au monde (en utilisant comme critère la taille de leurs fonds propres par rapport au total de leurs actifs). Les Echos soulignent que ce ratio s'améliore. Certes. Mais nous sommes encore très loin des niveaux demandés par Bâle III et ce d'autant plus que, comme nous vous l'expliquons régulièrement, le calcul des risques sur lequel repose ce ratio a tendance à très nettement sous-estimer le risque représenté par les dettes souveraines détenues par les banques. Or les établissements bancaires européens en sont littéralement gavés. Je vous renvoie à l'article que j'avais consacré au sujet.

Les banques européennes sont donc toujours des grenades sur le point d'être dégoupillées. Ne pas prendre cette donnée en compte me paraît plus que dangereux.
- "Espagne: les créances douteuses des banques atteignent un nouveau record", titre aujourd'hui l'Expansion. "Les créances toxiques des banques en Espagne représentent 11,61% du total des crédits en juin. Le pays n'est toujours pas remis de l'éclatement de la bulle immobilière de 2008".
- Fin juillet, Standard & Poor's a abaissé la note de 18 banques italiennes.
- "Les difficultés bien dissimulées des banques publiques allemandes", annonçait La Tribune en juillet.
- "Le FMI pointe les forces et les faiblesses des banques françaises", titre BFMTV.com alors que Les Echos titraient le 7 août "Solvabilité et liquidité : les banques françaises encore sous pression".

trait

VOTRE BANQUE A LA LOUPE...
Notre spécialiste vous livre une enquête sans concession sur l’état de santé du système bancaire français. Votre banque est peut-être dans son collimateur...

Pour le savoir : retrouvez vite le message de Simone Wapler, qui vous présentera cette enquête exceptionnelle au coeur de ces organismes qui "protègent" votre argent...

trait

Mon hypothèse : Alors que la Grèce va de nouveau avoir besoin de l'aide financière de la zone euro (il lui manquerait 11 milliards d'euros jusqu'à fin 2014), que l'Allemagne s'apprête à voter et que le cas grec est au coeur de la campagne électorale, les tensions vont reprendre de plus belle dans les semaines qui viennent. Attendez-vous à voir refleurir la crise de l'euro en une des journaux. Verrons-nous enfin les indispensables réformes du système bancaire européen, de la BCE et de l'euro ? A suivre...

Pour terminer sur une note positive, une parenthèse sur la croissance européenne : pas sûr qu'elle se maintienne aux prochains trimestres mais force est de constater que des modifications et des adaptations en profondeur sont en cours. Vous le savez, depuis quelques mois déjà, nous nous efforçons dans la Quotidienne de traquer les valeurs européennes prometteuses, celles qui résistent à la crise de l'euro et qui ont un bel avenir.
[C'est d'ailleurs la même stratégie que j'applique dans Défis & Profits : ces derniers mois, nous avons mis en portefeuille un leader mondial du diabète, un de l'aspersion et un autre de prospection sismique à destination de l'industrie pétrolière. Leur point commun : avoir su gagner de nouveaux marchés à l'international grâce à leur solide savoir-faire et une politique d'innovation continue. 3 valeurs européennes – dont 2 françaises – que nous suivons dans Défis & Profits]

Les métaux précieux se préparent-ils à une nouvelle chute ?
L'or est au plus haut depuis 2 mois (+15% depuis fin juin) mais une nouvelle chute pourrait se préparer.

Les raisons :
- le probable ralentissement du QE en septembre qui dissiperait un peu les menaces inflationnistes et donc pénaliserait l'or ;
- la nouvelle remontée des droits de douane sur l'or en Inde, gros consommateur d'or de bijouterie.

Et n'oublions pas que nous ne sommes pas à l'abri d'un grand sell-off tel que celui observé au printemps dernier.

Sur le fond, j'aimerai bien que l'or plonge une nouvelle fois, vers les 1 000 $. Cela obligerait les mines à revoir leur production et surtout cela accélérerait le passage de l'or des mains faibles (les investisseurs qui spéculent sur le court terme) vers les mains fortes (haussières pour le moyen/long terme). Un scénario idéal pour une reprise de la progression de l'once d'or et ce d'autant plus que l'Asie est toujours à l'achat.

"Les Occidentaux vendent leur or, les Asiatiques se ruent dessus", titre Le Monde aujourd'hui. "Pour la Chine, le Conseil mondial de l'or observe que les investisseurs ont trouvé dans la joaillerie et les lingots l'antidote au "rendement peu performant des marchés boursiers, aux craintes persistantes d'une crise domestique du crédit et au ralentissement de la croissance". C'est-à-dire les mêmes motivations qui avaient poussé les émules de MM. Paulson et Soros à miser sur l'or pendant des années..."

"Les oscillations du métal signalent un surprenant retour de balancier : la confiance qui renaît en Occident y démonétise – au sens propre – l'or que réclame à cor et à cri une Asie inquiète".

Mon hypothèse : une chute vers les 1 000 $ ! Je l'attends depuis avril dernier... et le plus tôt serait le mieux. Voilà pour le court terme. Puis une reprise de la tendance haussière en fin d'année ou début d'année prochaine. Et je continue à viser les 2 000 $ l'once pour (fin) 2014...


_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 29 Aoû - 15:21

29 aout

La Chine rachète Detroit... voici pourquoi
Jason Ferrell

- Detroit a subi l'apocalypse... mais on y trouve des opportunités d'investissement prometteuses. L'immobilier, par exemple. Demandez aux Chinois.

Fox News rapportait début août que les agents immobiliers de Detroit ont été inondés de demandes pour des biens bon marché provenant d'investisseurs chinois. Une agence a même vendu 30 biens à un seul acheteur.

"Après que Detroit se soit mise en faillite le 18 juillet, l'immobilier de la ville s'est retrouvé dans les sujets en vogue sur la plate-forme de social media chinoise, Weibo, selon un rapport de Quartz.com".

"Les nouvelles de la faillite, associées à un reportage de la télévision chinoise en mars affirmant qu'on pouvait acheter deux maisons à Detroit pour le prix d'une paire de chaussures en cuir, ont éveillé l'intérêt des investisseurs".

Il ne semble pas que ces investisseurs cherchent à habiter ces maisons, ni même à les louer. La plupart paraissent acheter pour investir, espérant que le prix grimpera. Cela semble plutôt idiot, considérant que le déclin de Detroit dure depuis des décennies. Certains Américains ont eux aussi été attirés par la promesse de maisons partant pour 100 $ ou 500 $. Business Insider note qu'acheter de l'immobilier n'est pas aussi simple : la plupart des maisons les moins chères sont insalubres et doivent être refaites de fond en comble pour être habitables.


Pourquoi cet intérêt de la part des investisseurs chinois ?
En mai, le New York Times expliquait que des dizaines d'entreprises chinoises s'implantaient à Detroit pour s'infiltrer dans le secteur automobile américain.

Le New York Times :

"Les entreprises chinoises investissent dans des entreprises américaines et dans de nouvelles technologies automobiles -- des ceintures de sécurités aux pare-chocs vendus au détail --, et embauchent des ingénieurs et des designers expérimentés afin d'absorber le talent et l'expertise des constructeurs [américains] et de leurs fournisseurs".

"Même si elle commence par les batteries et les pièces automobiles, le développement de l'activité chinoise devrait finir par engendrer la vente de voitures chinoises aux Etats-Unis".

Les entreprises chinoises ont essayé de garder cette implantation des industriels automobiles chinois à Detroit aussi discrète que possible afin d'éviter la levée de boucliers vécue par les constructeurs japonais lorsqu'ils ont installé leurs usines aux Etats-Unis dans les années 80.

Bon nombre d'entre elles y sont déjà depuis longtemps. "Nous exportons nos pièces vers l'Amérique du Nord depuis 15 ans pour le marché des pièces de rechange", déclare Dongbin Chen, cadre chez le fournisseur Brilliance Auto. "A présent, notre plus grande occasion se trouve chez General Motors et autres grandes entreprises".

Les Chinois savent reconnaître une occasion quand ils en voient une. Ils achètent l'or par pleines brouettées depuis quelques années et possèdent une bonne partie de la dette souveraine US. Detroit est peut-être la nouvelle propriété à entrer sous leur contrôle -- un petit nodule économique créé pour exporter des dollars vers l'Asie en toute discrétion.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 29 Aoû - 15:22

çà fait peur

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Ven 30 Aoû - 13:38

Les nouveaux champs de bataille

- Dimanche dernier, la Chine a été frappée par la plus importante attaque DDOS (distributed denial of service, déni de service distribué) jamais enregistrée. L'attaque a bloqué environ 32% du trafic internet vers des noms de domaine avec l'extension ".cn". On ne sait pas encore qui est à l'origine de cette attaque.

Il serait faux de "déduire que dans ce cas l'attaquant disposait d'une quantité importante de ressources ou d'un haut niveau de sophistication technique", a déclaré Matthew Prince au Wall Street Journal. M. Prince est le PDG de CloudFlare, un fournisseur de services de sécurité pour le web. "Cela pourrait bien être le fait d'un seul individu".

Voilà qui confirme une fois de plus que les armées n'ont plus autant d'importance que par le passé.

"N'importe quel Iranien chez lui en pyjama, écoutant de la musique via Spotify tout en sirotant du kashk, peut causer depuis son portable de gros dégâts chez nous", écrivait la semaine dernière notre collègue Peter Coyne. "Peu importe la puissance de nos navires de guerre".

Aujourd'hui, le "hacktivisme" n'est pas qu'une source d'irritation pour les gouvernements. C'est devenu une activité à la mode et cool. La manière au 21ème siècle de se rebeller contre le système.

- Le cinquième domaine de la guerre
Le champ de bataille a changé. La guerre est devenue numérique. Ici, dans notre bureau de Baltimore, nous appelons cela le "cinquième domaine de la guerre". Cette guerre est aussi destructrice que la guerre de nos grands-parents mais sans les pertes humaines et les coûts qu'elle entraînait généralement auparavant.

Peut-être est-ce pour cela que le ministère de la Défense américain fait tout pour rester dans la course.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 2 Sep - 12:23

Cette montagne de dette qui menace les générations à venir
Eberhardt Unger
Conférence Bourse

Le dernier rapport de la Commission Européenne sur les finances publiques de la zone euro aussi bien que de l'Union européenne nous livre des conclusions qui donnent à réfléchir.

En dépit de tous les efforts visant à une consolidation, aucune des plus grandes économies ne pourra ramener, en 2014, son niveau de dette en dessous des 60% du PIB, plafond fixé à l'origine par les critères de stabilité définis à Maastricht.

Depuis la récession de 2009, les gouvernements (en creusant le déficit) ainsi que les banques centrales (avec leur politique monétaire ultra-expansive) ont essayé de relancer la croissance économique sans aucun résultat. Le ratio dettes publiques sur PIB pourrait s'établir, en moyenne à fin 2014, à 90,6% dans l'Union européenne et à 96% dans la zone euro. La dette publique y grimpera jusqu'à 2014 de 16%, et comme la plupart des gouvernements ont fait des hypothèses optimistes pour 2014, l'augmentation pourrait être encore plus importante.


L'Allemagne est la seule grande économie pour laquelle la Commission prévoit en 2014 une légère baisse, à 78,6%. Mais au regard d'une analyse un peu plus poussée, cette prévision semble elle aussi optimiste, car l'expérience montre qu'après des élections le nouveau gouvernement est prêt à dépenser sans trop compter pour honorer les promesses de campagne. Par ailleurs, l'Allemagne a pris un certain nombre d'engagements pour d'autre pays européens qui ne sont pas pris en compte dans ce ratio prévisionnel.

Pour expliquer cette augmentation des dettes, la Commission européenne avance le "Deficit Spending", une croissance économique qui stagne voire en récession et, dans certains pays, une hausse importante des intérêts. Le service de la dette (intérêts payés + amortissement) est le point le plus critique. La raison pour laquelle la moyenne du ratio dettes/PIB augmente est que les dépenses augmentent plus vite que les revenus, alors que le service de la dette reste le même. Mais avec de telles prévisions, la BCE ne peut que poursuivre sa politique monétaire ultra-expansive et maintenir son taux d'intérêt directeur à environ 0% au moins jusqu'à la fin de 2014 et éviter toute augmentation des rendements obligataires en continuant d'acheter les obligations souveraines sur les marchés financiers.

Bien entendu, l'orientation sur les marchés obligataires européens n'est pas indépendante de la tendance internationale. Au cours des dernières décennies, le découplage par rapport au marché américain a été rarement possible et seulement pendant de courtes périodes et les perspectives outre-Atlantique sont encore moins encourageantes. La dette publique américaine, d'environ 16 700 milliards de dollars, est si élevée que la légère augmentation des taux des dernières semaines, d'environ 1%, a stoppé net la croissance. La charge de la dette du gouvernement américain atteindra cette année 220 milliards de dollars et 823 milliards en 2023 (Source: CBO). On ne peut pas parler d'une reprise aux Etats-Unis.

Comme la BRI l'a souligné, l'expérience aussi bien que les études scientifiques montrent qu'une dette publique élevée réduit la future croissance économique. L'influence est forte et commence à un seuil de dette publique totale d'environ 80% du PIB. Au regard de ce critère, personne ne peut être optimiste quant à l'évolution future des dettes publiques et de leur influence sur le développement économique.

Ainsi, par paliers successifs, la dette publique continue d'augmenter formant une gigantesque pyramide. L'argument consistant à dire que, jusqu'à maintenant, il n'y a pas eu de problèmes ignore totalement le fait que les problèmes sont, tout simplement, déplacés vers les générations futures. Le surendettement public est tel que ne pas le prendre au sérieux est irresponsable. Sans compter que la pyramide pourrait finalement un jour s'écrouler du fait d'une base devenue trop faible (peu de croissance économique et peu de rentrées fiscales). Ce sera alors l'éclatement de la bulle des dettes avec un impact considérablement plus fort que celui qu'on a connu lors de l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats Unis.

Conclusion : les marchés financiers internationaux sont actuellement presque exclusivement orientés par les injections de liquidités continuelles des banques centrales. Mais cela ne peut pas durer éternellement et il faut donc s'attendre à de nouvelles turbulences.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Mer 4 Sep - 13:48

Il y aura-t-il un krach pour septembre ?
Cécile Chevré
AuCoffre.com

Avertissement préliminaire : si j'avais la réponse à toutes les questions que je vais aborder aujourd'hui, je serai affreusement riche et je vous écrirai actuellement d'une île déserte à l'autre bout du monde (ou d'une île de la côte amalfitaine). Ceci précisé, commençons...

... par le krach.

Si vous suivez de près ou même de loin les marchés, vous devez certainement vous poser cette lancinante question : alors krach ou pas ? Les actions sont au plus haut, les rendements obligataires se tendent, la crise fomente toujours en Europe et la Chine vacille... De quoi donner des maux d'estomac aux marchés.

L'ère du krach permanent
Le premier problème du krach, c'est que c'est une idée usée jusqu'à la corde. Le krach, vous, moi, nous en avons soupé. Depuis 2008, les krachs, c'est tous les 6 mois, voire plus fréquemment. Le krach des marchés actions, des matières premières, de l'or, des obligations européennes, des obligations américaines, des marchés émergents... Des krachs à tous les coins de rue, des krachs en veux-tu en voilà. Des krachs par-dessus la tête.

Le second problème du krach, c'est que ce n'est pas parce que nous l'avons déjà très (trop) largement expérimenté que cela écarte le risque d'en connaître un nouveau. Le stock de krachs n'a malheureusement pas été épuisé.

Le troisième problème d'un krach, c'est que c'est souvent imprévisible et que surtout – surtout ! – il est impossible d'en connaître le timing. Dommage, d'ailleurs.

Tout cela pour vous dire que je n'ai pas la réponse, je ne sais pas si krach il aura, mais nous pouvons au moins tenter d'en détecter les prémices.

Les origines du krach
Nous sommes en état de krach permanent. Les subprimes ont mis le krach à la mode. Pas une semaine sans qu'on détecte un mini-krach quelque part dans le monde, sur un domaine d'actifs.

Reste que ce qui fait vraiment trembler les marchés, c'est le Big One, le gros, énorme, incommensurable krach, celui qui dure, celui qui fait des victimes à la pelle. Depuis – au moins – 1929 (à moins que cela ne soit depuis la crise des Tulipes de 1636) –, la leçon a été apprise. Un krach advient quand la valeur d'une classe d'actifs s'effondre brutalement, ce qui arrive généralement après une phase de bulle.

Aujourd'hui, d'où pourrait venir ce fameux krach ?

Pour certains – dont ne nous ne faisons pas partie aux Publications Agora –, le krach viendra de la bulle de l'or. Bon... vous connaissez mon opinion là-dessus. Krach sur l'or il y aura certainement, mais quand celui-ci sera à 5 000 $, pas à 1 500...

Pour d'autres, le krach trouvera ses racines dans les marchés actions qui sont en hausse depuis près de 2 ans.

Pour d'autres enfin, le krach viendra des marchés obligataires.

Marchés actions : krach ou correction ?
Pour les marchés actions... il faut nous entendre sur la définition de krach. Car un retournement – et même violent – des marchés actions, oui.

La raison : nous sommes à un plus haut. Ceux de 2008 ont été dépassés par la plupart des indices... et historiquement, les fortes hausses sont généralement suivies d'une importante correction. Ajoutons à cela que les données économiques, ne sont pas si bonnes que cela.

Ces derniers jours ont émergé nombre d'analyses sur la reprise sans emploi des Etats-Unis. Outre que l'économie américaine ne crée pas assez d'emploi, elle décourage aussi nombre de travailleurs à en chercher un. Car si baisse du taux de chômage il y a, c'est essentiellement parce que de plus en plus de chômeurs quittent le circuit des statistiques officielles des demandeurs d'emploi. Les raisons sont multiples mais parmi elles on peut citer ces emplois à temps partiels ou mal payés qui ne suscitent pas l'enthousiasme des foules. Le mouvement de grève des salariés des fast-foods qui n'en finit pas de prendre de l'ampleur est la parfaite illustration de ce phénomène. Comme le rappelle un article du Monde, si 11 millions d'Américains sont "officiellement" au chômage, le nombre de personnes en âge de travailler mais sans emploi atteint lui les 20 millions.

Conférence Bourse

Une économie sans emploi, c'est une consommation en berne, et donc une croissance menacée. En Europe aussi, les pays du Sud de l'Europe, lancés dans des politiques de réformes et de rigueur, voient leur taux de chômage atteindre des sommets.

Et puis, et puis, l'actualité est mauvaise, la Syrie – je vous en parlais hier –, les élections allemandes, la perspective d'un nouveau plan d'aide à la Grèce, etc.

Le sort du krach actions n'est pas encore complètement réglé, nous aurons l'occasion d'y revenir... dans quelques instants mais passons d'abord à la dernière source potentiel de krach : le krach obligataire.

Krach obligataire, le Big One ?
Un krach des obligations américaines, voilà qui pourrait faire vaciller l'économie mondiale toute entière. Un rappel de définition au passage : le krach obligataire se caractérise par une remontée brutale des taux des obligations (et donc une chute de leur prix).

Actuellement, nombre d'éléments sont réunis pour créer un krach obligataire digne de ce nom :
- une montagne de dettes
- une inadéquation entre le taux des obligations et les risques encourus
- la perspective d'arrêt du QE par la Fed et donc la fin de ses rachats de bons du Trésor
- une méfiance grandissante des autres principaux acheteurs de bons du Trésor quant à la capacité des Etats-Unis à rembourser leurs dettes (cf. la Chine)

Le danger d'un krach obligataire américain n'échappe à personne car ses conséquences se feront ressentir aussi bien sur les marchés actions que sur les matières premières. Il suffit d'observer l'hémorragie de liquidités qui frappent aujourd'hui les pays émergents à la simple mention d'un arrêt à venir du QE. Nul ne peut plus douter du caractère systémique d'un krach obligataire US.

Alors, alors ?? Krach ou pas ?
Reprenons...

- Un krach action ? Je dirai non, mais retournement et consolidation, oui peut-être. Mathieu Lebrun résume bien la situation dans Mon Portefeuille Zen : "Autant dire qu'avec un mois de septembre qui est déjà statistiquement baissier pour le CAC, je pense que la rentrée risque d'être agitée. D'autant que, dans l'ensemble, les dernières publications ne m'ont pas emballé plus que cela".
[Qui a peur du krach ? Pas Mathieu en tout cas. Ni ses abonnés à Mon Portefeuille Zen. Turbulences boursières, volatilité, retournements inattendus, krachs... rien ne leur fait peur. Comment ? Parce que Mathieu est persuadé d'une chose : vous pouvez maîtriser les marchés -- et votre portefeuille... et cela en seulement 20 minutes par semaine. Voici comment...]

Un avis partagé par Eric Lewin dans La Lettre PEA : "Les indices US étaient au plus haut ; d'une certaine manière, cette consolidation leur permet donc de souffler. Mais pour l'instant, je suis bien incapable de vous donner mon sentiment sur la tendance qui s'annonce. Trop d'éléments contradictoires se mettent en place, et le dossier syrien peut tout faire basculer d'un moment à l'autre. Pour revenir au CAC 40, il me semble que si la situation s'envenimait, nous pourrions reperdre assez rapidement une dizaine de pourcent et revenir sur les 3 600 points car le trend haussier a l'air brisé pour le moment".

- Un krach obligataire ? Depuis quelques mois, les taux remontent, mais lentement. C'est justement cette remontée que la Fed tente de gérer sans mettre le feu aux poudres. Pour cela, elle prépare depuis le début de l'année les marchés à un arrêt progressif du QE espérant que le choc sera facilement encaissé. C'est un pari, reste à savoir si la Fed pourra le remporter.

A mon avis cependant, la question ne se pose pas aujourd'hui exactement dans ces termes. La Fed ne pourra pas arrêter complètement le QE, je vous en ai régulièrement parlé dans ces lignes, mais cela ne va pas l'empêcher de ralentir ses achats, et certainement dans les semaines qui viennent. Les marchés sont – pour le moment – préparés à cela.

A court terme, la possibilité d'un krach imminent me paraît donc faible.

Reste à savoir ce qu'il en est à plus long terme. Et sur ce point, c'est Bill Bonner qui représente la voix de la sagesse dans La Chronique Agora : "Nous sommes entrés dans les mois en "R". Septembre, octobre, novembre, décembre. Coquillages et crustacés, c'est fini. Maintenant, il est temps de manger des huîtres... et de subir un bon vieux krach boursier. Non que nous en prédisions un. Mais notre bon vieux pavillon d'Alerte au Krach flotte à nouveau. Simple avertissement. Oui, cher lecteur, beaucoup de choses peuvent mal tourner cet automne. Vous devriez vous y préparer. S'il ne se passe rien, eh bien... soyez reconnaissant. Parce qu'à un moment ou à un autre, le système monétaire actuel va s'effondrer. Pour la plupart des gens, ce ne sera guère amusant. De l'épargne sera perdue. Des entreprises feront faillite. Des débiteurs feront défaut. Les actions et les obligations chuteront à pic. Et ce n'est là que le bon côté des choses".

Voilà tout est dit. Les ferments du krach sont là... mais la Fed peut continuer à jouer son numéro d'équilibriste pendant quelques années encore. Soyez prévenu et attentif à cela. Méfiez-vous des obligations souveraines et, quand vous investissez, ne perdez jamais de vue que nous sommes dans une situation anormale et non pas dans un retour progressif vers la normale.

Qu'est-ce que cela signifie pour vos investissements ? Ma première réponse serait que votre allocation d'actifs doit prendre en compte ce risque en faisant la part belle à la sécurité, via l'or par exemple, ou encore grâce aux actions défensives. Krach cet automne ou pas, vous aurez protégé vos investissements.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Dim 8 Sep - 10:19

7 sept

Schizophrénie financière

- Il y a de quoi devenir légèrement schizophrène, ces jours-ci.

Si l'on en croit les principaux gros titres, la reprise arrive, lentement mais sûrement -- notamment aux Etats-Unis, où les chiffres semblent de plus en plus positifs. Même l'Europe devrait connaître 1% de croissance l'an prochain. La Chine paraît aller mieux (c'est en tout cas ce que disent les chiffres officiels...).

Mais la Syrie pourrait venir contrarier ces rouages bien huilés.

Mais les élections allemandes, le 22 septembre prochain, pourraient remettre en question pas mal de choses pour la Zone euro.

Mais Bill Bonner a ressorti le pavillon d'Alerte au Krach.

Mais Philippe Béchade nous disait vendredi que "nous vivons depuis quatre ans dans un contexte de fausse monnaie, de fausse croissance... et de vrai chômage. Pour que cette pyramide de mensonges et de mauvaises pratiques économiques ne s'effondre pas, il faut cimenter le scénario de reprise par une acclamation perpétuelle des indices boursiers".

"[...] L'addition d'arbitrages mécanistes sans aucun lien avec l'économie réelle et de choix forcés imbéciles dictés par les banques centrales doit déboucher sur un krach global", ajoute Philippe quelques lignes plus loin. "Il pourrait pulvériser en quelques jours ou même quelques heures toutes les bulles d'actifs gonflées à coup de fausse mornifle par la Fed, la Bank of England ou la Bank of Japan".

Et Simone Wapler revenait, pour les lecteurs de La Stratégie de Simone Wapler, sur le très vieux concept de la charrue et des boeufs :

"En principe, pour que l'attelage soit productif, on est censé mettre les boeufs devant la charrue. [...] Ce qui entraîne aujourd'hui la croissance mondiale, ce sont les pays dits émergents".

"[...] Le fait que le déficit commercial américain replonge ne prouve pas que les Etats-Unis ont une croissance source d'enrichissement. Cela prouve au contraire que le pays retombe dans le vice de la consommation à crédit".

En revanche, les pays émergents absorbent 35% des exportations des pays occidentaux. C'est là que se situe pour les pays développés la croissance enrichissante, le commerce fructueux : la vente de biens et services achetés cash et non pas subventionnés par vos impôts".

"Les boeufs, les moteurs, ce sont donc les pays émergents. La charrue, ceux qui sont entraînés, ce sont les pays de l'OCDE. Le schéma est l'inverse de celui qui prévalait avant 2000. La croissance mondiale est prévue à 2,4% pour 2013, mais l'Europe n'affiche que 0,3% et y participe très peu".

"Maintenant, si le retrait des capitaux étrangers stoppe la croissance des pays émergents, les boeufs s'arrêtent et la charrue retombe dans l'ornière. A qui les entreprises occidentales et européennes vendront-elles ? Les fleurons de la cote dépendent de la vigueur de leurs exportations".

Qui croire, dans tout ça, et quelle stratégie adopter pour vos investissements en cette rentrée toute neuve ?

Suivez les chiffres positifs, cher lecteur -- ça fait du bien au moral.

Mais rappelez-vous ce qui semble être la devise de la rentrée : "espérer le meilleur... mais se préparer au pire".

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 19 Sep - 12:47

19/sept

Isabelle Mouilleseaux

22 septembre 2013, et si l'histoire se répétait...

- Je lisais récemment dans le Journal allemand Die Welt un article qui a retenu mon attention, rédigé par Erwin Grandinger (analyste financier et politique). Die Welt est un grand quotidien allemand qui a pignon sur rue, que je qualifierais de libéral-conservateur.

Si je vous relate rapidement le contenu de cet article aujourd'hui, c'est d'abord parce que le fond est intéressant -- mais surtout parce que la pensée véhiculée par l'auteur, jusque-là absente de la presse grand public allemande, commence à apparaître de plus en plus régulièrement. Et pas uniquement dans des "feuilles de choux" locales...

Une pensée qui suscite également des questions en France... tout du moins l'évoque-t-on sans trop y croire :

- Et si l'Allemagne claquait la porte de la Zone euro ?
De là à dire que l'idée fait beaucoup d'émules outre-Rhin, il y a un pas que je ne franchirai pas. L'élection allemande du 22 septembre tranchera la question. La seule chose que je puisse vous dire, c'est que sur le terrain (bavarois, donc fortement biaisé, je tiens à le préciser), ces idées font souvent mouche.

Entrons dans le vif du sujet. L'auteur s'interroge sur les erreurs que nous avons commises il y a 20 ans et que nous semblons aujourd'hui répéter. Mèneront-elles au même résultat -- à savoir l'implosion du système monétaire européen ?

Vous souvenez-vous du Système monétaire européen (SME) mis en place en 1979 et dont le voeu pieux était d'assurer la stabilité des monnaie au coeur de l'Europe ? Les monnaies, encadrées, devaient fluctuer dans des marges étroites (+/-2,25%) autour d'un cours pivot de référence : le fameux ECU.
Conférence Bourse

En septembre 1992, première alerte violente quant à la pérennité du SME. A cette époque, taux de croissance, compétitivité des économies et taux d'intérêt des pays membres commençaient déjà à diverger dangereusement... au point de risquer de faire volet tout l'édifice en éclats. Cela vous rappelle quelque chose ?

Les tensions au coeur du SME devenaient intenables... Là-dessus sont venus se greffer les spéculateurs internationaux (déjà), Soros en tête.

L'Allemagne, qui affichait alors un taux d'intérêt élevé car elle devait attirer les investisseurs pour financer sa coûteuse réunification (2 000 à 2 500 milliards d'euros selon les estimations), voyait son deutsche mark tiré à la hausse. Ce qui tirait tout l'ECU à la hausse contre le dollar. Si l'Allemagne s'en accommodait volontiers (car en forte croissance et compétitive), Français, Italiens, Espagnols et Britanniques étaient en plein marasme.

__________________________


__________________________

Les divergences étaient telles que le SME finit par éclater en deux temps :

- Ce sont d'abord les spéculations de Soros contre la livre sterling qui firent déborder la coupe : la monnaie britannique dut quitter en catastrophe le SME, une nuit de septembre 1992, pour "sauver sa peau". Ce fut un profond traumatisme pour les Britanniques qui qualifièrent ce jour de mercredi noir.

La Banque de France quant à elle, épuisa littéralement toutes ses réserves de changes pour soutenir le franc, en vain. Les bandes de fluctuations des monnaies atteignaient 15%...

- Mais le coup de grâce vint contre toute attente... de la Bundesbank. En juillet 1993, elle refusa de baisser ses taux pour soulager ses voisins car cela aurait fait fuir les capitaux nécessaires à la bonne conduite de la réunification. Or les intervenants des marchés avaient tous déjà anticipé et intégré une baisse des taux. Aucun n'avait envisagé que la Buba puisse aller contre le marché... seule.

Après ces deux évènements, las et impuissants, les Etats-membres capitulèrent face aux réalités économiques qui finirent par prendre le dessus. Le SME était mort et enterré.

- L'histoire se répète-t-elle aujourd'hui ?
C'est une question qu'on peut se poser. Les divergences de croissance économique, de compétitivité et de taux d'intérêt sont au coeur des tensions qui font vaciller l'euro... tout comme elles l'étaient avant que n'implose feu le SME.

Seule différence : les monnaies ayant disparu, ce ne sont plus les marchés des changes qui sont le théâtre des tensions et convulsions qui secouent l'euro, mais le marché de la dette souveraine et des taux d'intérêt.

Jusque-là, je suis en phase avec l'auteur, tant sur le constat que le questionnement. Mais ce sont surtout les commentaires qui suivent, à savoir son point de vue, qui m'ont fait réagir :

Aujourd'hui, comme il y a 20 ans, les politiques refusent de voir la réalité en face, préférant tenter des manoeuvres tactiques pour sauver l'euro à tout prix (MES, OMT...).

Une fois de plus, ils achètent du temps pour repousser l'inévitable...

Une fois encore, tout l'édifice repose sur la capacité de l'Allemagne à générer de la croissance économique, sur la solvabilité fiscale de l'Allemagne, et sur la disposition politique des Allemands à payer.

Les élections allemandes qui se déroulent le 22 septembre et pour lesquelles les sondages donnent Merkel gagnante marqueront-elles un tournant dans l'histoire monétaire et obligataire allemande ? s'interroge l'auteur.

Comme en 1993, les intervenants des marchés sont persuadés que Merkel sera réélue et que les plans de sauvetage de l'euro continueront à se mettre progressivement en place comme prévu. Rien ne changera.

- Peut-être... ou peut-être pas...
Les sondages sont un art difficile, constate l'auteur ; ils peuvent parfois cacher des surprises, prévient l'auteur. Et de conclure :

La sortie de la livre sterling du SME, sur le coup perçue comme un drame national, fut finalement un succès puisqu'un an après l'économie anglaise tournait à nouveau à 5% de croissance. Au point que la presse anglaise rebaptisa ce mercredi noir en "mercredi blanc". La dépréciation de la livre et le réajustement des taux sauva la couronne !

Et si l'histoire se répétait ? s'interroge à nouveau l'auteur.
[NDLR : Si l'histoire se répète... préparez-vous à des vagues en Zone euro.

_________________________

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 19 Sep - 12:51

Jeudi 19 septembre 2013


Waouh, Ben, vraiment ?

Je dois avouer que le président de la Fed m'a surprise hier soir, en annonçant aucun changement à sa politique de rachats de bons du Trésor, aucun ralentissement...

Alors, oui, certes, je n'avais aucun doute sur le fait qu'un arrêt du QE était absolument impossible -- ce fameux problème de dette publique US et le ralentissement des achats de bons du Trésor par les investisseurs étrangers dont je vous parlais vendredi dernier -- mais je pensais que le président de la Fed donnerait un signe fort aux critiques (de plus en plus nombreux) de sa politique en ralentissant légèrement (de 10 à 15 milliards de dollars) ses achats.

Eh bien non. C'était bien la peine d'annoncer ce ralentissement en mai dernier et affirmer haut et fort que la Fed prévoyait un arrêt définitif du QE l'année prochaine ou en 2015 pour reculer ainsi. Entre-temps, les rendements obligataires ont remonté partout dans le monde (à un niveau pour le moment tout à fait soutenable) et les pays émergents ont été frappés par une hémorragie de liquidités qui a fait craindre une crise semblable à celle de 1997.

L'inflation passe à la trappe
Remarquez, j'aurais dû me douter que Bernanke se montrerait beaucoup moins frileux qu'anticipé. La seule raison qui pousse la Fed à s'interroger sur sa politique, ce sont les menaces d'inflation. Or, comme le soulignait Mathieu Lebrun mardi dernier à ses abonnés d'Agora Trading : "l'inflation ne sera clairement pas un sujet de préoccupation pour les membres de la Fed (l'indice CPI des prix à la consommation, indicateur d'inflation suivi par le Fed, a à peine progressé en août, de 0,1%, soit moins que les attentes des économistes)".

La Fed a expliqué sa décision par un taux de chômage qui reste élevé et par la peu brillante croissance américaine. Hum... Deux faits qui étaient connus en mai dernier, au moment où Bernake affirmait sa volonté de mettre fin au QE.



It's economy, stupid !
Que s'est-il passé ? Pour le moment, le simple qualificatif qui me vient à l'esprit est "stupide". Après autant de remous sur les marchés, l'annonce d'un ralentissement, même minime, de 5 milliards de dollars n'aurait provoqué aucune politique et aurait donné un signal fort : la Fed est consciente que sa politique conduira à l'inflation.

A croire que Ben Bernanke est préoccupé par une seule et unique chose : son statut de sauveur de l'économie américaine. Ce qui est plus qu'inquiétant.

En attendant, les marchés ont réagi... très logiquement. Les actions ont bondi, le dollar a baissé, l'or est reparti en hausse, comme l'expliquait Simone Wapler dans L'Investisseur Or & Matières ce matin (au passage, signalons que Simone n'a jamais cru ne serait-ce qu'à un ralentissement du QE !) : "Je vous l'avais dit et répété, la Fed ne PEUT pas arrêter la planche à billets. Il n'y a pas de bouton 'arrêt' sur cette machine infernale. L'arrêt se fait par la destruction monétaire."

"L'or et le pétrole ont donc fortement rebondi. L'once d'or est passée de 1 300 $ à 1 360 $ au moment de l'annonce de la Fed, soit +4,6%. L'argent a bondi de 9% et l'or en euro est aussi passé de 972 euros à 1 008 euros soit +3,7%. Au moment où je vous écris, l'or affiche 1 372 $, le silver 23,11".

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Ven 20 Sep - 14:44

Ben Bernanke vient-il de tirer une balle dans la tête des Etats-Unis ?
Cécile Chevré

Conférence Bourse

Maintenant que nous avons la confirmation que Ben Bernanke va bien continuer à jouer avec le feu dans les mois à venir, reste à s'intéresser de nouveau à la dette publique.

Et c'est là qu'intervient... le Japon ! Mais oui, bien sûr le Japon, le pays qui fait exploser les statistiques d'endettement des pays de l'OCDE, exploser à la hausse bien entendu car si en Europe, notre dette publique flirte avec les 90% du PIB, que celle des Etats-Unis est à 100%, celle du Japon est à... 245% du PIB !

Evidemment, vous pourriez me dire, le Japon, on s'en fiche, c'est loin, ce n'est pas nous, qu'ils se débrouillent. Certes, certes... Sauf que comme l'expliquait Eberhardt Unger dans la Quotidienne : pas de chance pour nous, les marchés ont eu tendance à fusionner en un énorme marché commun dans lequel un soubresaut au Japon aura des répercussions dans le monde entier... et un grain de sable dans la machine américaine provoquera un tremblement de terre jusqu'aux tréfonds de l'Asie.

Je ne vous sens pas encore convaincu par l'utilité de s'intéresser autant au Japon.

Alors disons que le Japon est notre laboratoire du pire -- avec le Royaume-Uni, car deux valent mieux qu'un. Le Japon est l'expérience fort intéressante, pour un économiste, moins pour les gens qui y vivent, d'un pays plongé dans la stagnation économique et qui n'en finit plus de s'endetter (une situation qui rappelle... tous les pays occidentaux, des Etats-Unis à la Zone euro).

Abenomics, ou comment tenter résoudre la moitié d'un problème en aggravant l'autre
Pour résoudre cet ennuyeux problème de stagnation économique, le gouvernement japonais, main dans la main avec sa banque centrale (BoJ) pratique depuis 30 ans la même méthode : l'assouplissement monétaire et le soutien massif à son économie (via des politiques de relance, de grands travaux, d'investissements, de soutien à la consommation, etc.).

Une politique qui connaît même actuellement une acmé sous la direction du Premier ministre Shinzo Abe, élu en décembre 2012, bien décidé de faire la peau à la stagflation et sortir enfin l'Archipel de l'ornière. Abe a ainsi lancé un vaste programme de relance (estimé à 80 milliards de dollars) et a fixé comme objectif une inflation à 2% (contre 0,5% aujourd'hui). Pour cela, la BoJ va à la fois racheter des obligations et pratiquer l'impression monétaire (l'argent en circulation doit augmenter de 60 000 à 70 000 milliards de yens par an).

Une politique qui a un prix, celui de l'endettement. La dette publique est passée de 230% du PIB l'année dernière à 245% (prévus) cette année.

Un effort et un risque considérables... mais portent-ils vraiment leurs fruits ? Après avoir été très prudents en août, le gouvernement japonais et la BoJ se sont montrés un peu plus optimistes début septembre, après la publication de chiffres encourageants.

Au second trimestre, la croissance a atteint 0,9% en rythme annuel. Le chômage est légèrement en baisse depuis plusieurs mois sans que cela ne dise grand-chose sur l'état de santé de l'économie nippone -- un tiers des emplois étant précaires et/ou à temps partiel. L'inflation atteint quant à elle 0,5% à 0,6% en juillet selon les calculs, une belle progression par rapport à la déflation enregistrée l'année dernière. Et la production industrielle (toujours en juillet) a progressé de 3,2%, contre 3,1% en juin, mais en dessous des attentes (3,7%).

Que retirer de ces chiffres ? Que pour l'instant, malgré l'ampleur des mesures, "L'économie japonaise se reprend modérément", selon les mots même de la BoJ.

Si Abe n'y parvient pas, une flopée d'athlètes du monde entier y parviendront-ils ? C'est en tout cas le postulat de nombre d'analystes bien résumé ainsi par Le Monde : "Le Japon compte sur les JO pour mettre fin à 15 ans de stagnation". "Selon les calculs de l'institut SMBC Nikko Securities, le Japon pourrait bénéficier d'une hausse de 0,5% du PIB l'année des Jeux, avec des revenus supplémentaires à 4 200 milliards de yens (32,1 milliards d'euros)".

Du côté des signaux plus inquiétants : le déficit commercial qui a encore atteint un nouveau record en août dernier, à 7,4 milliards d'euros. En cause, non seulement la baisse du yen face au dollar mais aussi les énormes besoins du Japon en énergie. Depuis la catastrophe de Fukushima, et l'arrêt de la plupart des centrales nucléaires du pays, l'Archipel a dû multiplier ses importations de gaz et de pétrole. Le coût de l'électricité a évidemment bondi, pénalisant ménages et entreprises.

La dette, encore elle, toujours elle...
Autre élément inquiétant : depuis quelques jours, un quart des Japonais ont plus de 65 ans.

Et qui dit vieillissement de population dit baisse de croissance et de l'épargne. Une épargne qui était essentiellement consacrée à l'achat d'obligations japonaise, comme l'explique Le Monde : "L'épargne des ménages permettait jusqu'ici de financer la dette colossale du pays. Si rien n'est fait, ce ne sera plus le cas. En 2020, le pays pourrait afficher une balance courante déficitaire. Il aurait besoin de l'argent des autres pour se financer, et serait "sous la domination des investisseurs étrangers", indique Mme Dourille-Feer, économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales".

En fait, ce sont essentiellement les investisseurs institutionnels japonais qui achètent la dette nippone. Et ce qui va jouer pour eux, c'est le rendement. La montée de l'inflation va mécaniquement réduire le rendement réel (corrigé de l'inflation) des obligations japonaises. Aujourd'hui, le rendement atteint environ 1,1%... et l'inflation environ 0,5%, soit un rendement réel de 0,6%.

Si les objectifs d'inflation d'Abe sont atteints, deux possibilités :

- soit le rendement des obligations japonaises se cale sur l'inflation, et le poids de la dette explose ;
- soit le gouvernement et la BoJ parviennent à maintenir le rendement des obligations sous contrôle, et le rendement réel passe en territoire négatif. Même nationalistes, les investisseurs institutionnels japonais n'ont aucune envie de perdre de l'argent, ils arrêteront donc leurs achats et les obligations s'envoleront... et le poids de la dette explose.

Dans tous les cas, le Japon a un énorme problème de dette. Le graphe ci-dessous (source : The Economist) représente l'évolution du taux des obligations japonaises à 10 ans et l'évolution de la dette publique (en % du PIB).

Japon

Les taux bas ont favorisé la flambée de l'endettement nippon. Et aujourd'hui, le rendement (minime) ne correspond du tout au risque encouru avec une dette publique qui dépasse les 245% du PIB et une croissance qui, au mieux, atteindra 3% cette année.

Un quart des revenus fiscaux du Japon sont déjà consacré au paiement des intérêts. Que se passera-t-il quand (et non pas si) ceux-ci augmenteront et qu'emprunter deviendra de plus en plus en cher au Japon ? Alors, certes, Shinzo Abe est conscient de ce problème et tente d'augmenter les revenus fiscaux via une augmentation de la TVA, qui passera de 5% à 10% en 2015.
trait

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 30 Sep - 11:43

lundi 30 sept

L'endettement américain ne cesse de se creuser
Eberhardt Unger

La dette publique des 18 plus grandes économies du monde a augmenté de 33 000 milliards de dollars depuis 2007 (source : BRI). La dette américaine, qui vient d'atteindre le plafond légal de 16 700 milliards de dollars, représente la moitié de ce chiffre.

Au Congrès américain, la question de la hausse du plafond de la dette fait déjà l'objet de débats animés. Par expérience, un accord devrait être trouvé in extremis.

Cet accord conclu, il sera probablement un peu plus facile pour la Fed de faire un premier petit pas en direction de la très critiquée réduction du quantitative easing
Le plus important reste cependant les perspectives à long terme. Selon une étude réalisée par le Congressional Budget Office (CBO), au cours des 25 prochaines années, les dépenses du gouvernement continueront d'augmenter plus vite que ses revenus. Le fossé se creuse , et la dette publique totale ne cesse d'augmenter.

Au regard de l'économie du pays la dette augmente trop vite et ce rythme n'est pas supportable à long terme, selon le CBO.



A la fin de la présidence d'Obama, dans trois ans, la dette publique devrait atteindre 22 000 milliards de dollars et 30 000 milliards fin 2020. Le gouvernement fédéral américain paiera cette année 220 milliards d'intérêts et 823 milliards en 2023.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 7 Oct - 12:53

lundi 7 oct

Philippe Béchade

Un shutdown qui s'entrouvre avant un défaut qui n'en serait pas un : tout va bien !

- Wall Street en était convaincu, la plupart des spécialistes des marchés obligataires également : le problème du shutdown aurait dû être résolu au cours du week-end.

L'occasion semblait belle d'offrir aux marchés le prétexte d'une entame de semaine en "boulet de canon". Après tout, le début de la semaine précédente avait été plombé par la crainte -- avérée -- que le jusqu'auboutisme de certains ultra-libéraux de l'aile droite du clan républicain déboucherait sur la mise au chômage de près d'un million de fonctionnaires et de civils sous contrat avec le Pentagone.

Il s'agit de l'avis général d'une classique querelle politicienne où chacun cherche à coller à l'image qu'il renvoie à son électorat. Warren Buffett estime que le Congrès US ira au bout de l'idiotie mais ne franchira pas la ligne rouge de la situation de défaut... car personne ne le souhaite et personne n'y a intérêt.

Un pas de plus dans "l'idiotie" a donc été franchi depuis vendredi et le consensus optimiste semble démenti... Cependant, de nombreux fonctionnaires ont motif à se montrer satisfaits de la tournure prise par les évènements ces dernières 24 heures.

Certaines finesses des règles de fonctionnement de l’Etat américain autorisent en effet le président à ordonner la remise au travail — et donc le paiement — d’un certain nombre de salariés des administrations centrales (aucun ordre de grandeur n’est spécifié). Cela afin d’écarter tout risque de défaillances dans la sécurité du pays et dysfonctionnements économiques majeurs.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 14 Oct - 13:03

14/10

j'adhère à 100 % !

---




Paris, lundi 14 octobre 2013

[Bill Bonner est dans les hauteurs andines... sans accès internet. Nous devrions toutefois le retrouver d’ici quelques jours avec sans nul doute beaucoup de choses à nous dire !]

L'irresponsabilité récompensée
Marc Faber

- Pendant la plus grande partie de l'histoire de l'humanité, les dirigeants qui étaient en position d'exercer le pouvoir étaient responsables de leurs actes. S'ils faisaient la guerre ou devaient défendre leur territoire contre des envahisseurs, ils y perdaient souvent leur vie, leur territoire, leur armée, leur pouvoir et leur couronne. Je ne nie pas que certains étaient irresponsables mais en général ils étaient pleinement conscients de devoir répondre de leurs actes et, par conséquent, ils agissaient de façon responsable.

Le problème auquel nous devons faire face aujourd'hui est que nos responsables politiques et chefs d'entreprise ne sont pas tenus pour responsables de leurs actes. L'économiste Thomas Sowell le résume bien :

"Il est difficile d'imaginer une façon plus stupide ou plus dangereuse de prendre des décisions que de mettre ces décisions entre les mains de personnes qui n'en tireront pas les conséquences en cas d'erreur".

Lorsque les responsables politiques ou les décideurs économiques échouent, le pire qui puisse leur arriver est de ne pas être réélus ni renouvelés. Ils deviendront par la suite lobbyistes, conseillers ou consultants, donnant des conférences, gagnant ainsi de fortes sommes en plus de leur pension.

De même, de nombreux cadres et gestionnaires de fonds qui n'ont pas d'intérêts personnels dans l'entreprise qui les emploie recevront de généreuses retraites même s'ils échouent à accomplir leur tâche correctement et sont renvoyés. (Ceci ne s'applique pas aux gestionnaires de hedge fund qui, pour la plupart, ont investi leur propre fortune dans leur fonds.) En d'autres termes, probablement pour la première fois dans l'histoire, nous avons aujourd'hui un système où non seulement les responsables ne sont pas punis pour leurs échecs mais sont en fait récompensés...

Dernièrement, Warren Buffett a déclaré que la Fed était le plus grand hedge fund au monde. Il se trompe. Les plus grands hedge funds au monde sont détenus par des gens qui prennent des risques avec leur propre argent, puisque généralement ils représentent les plus gros investisseurs dans leurs fonds. Les intellectuels qui siègent à la Fed jouent avec l'argent des autres.

- Quel pouvoir pour la Fed ?
Cependant, si nous considérons que la Fed, dirigée par son président, est l'organisation la plus puissante au monde -- parce qu'en imprimant de l'argent elle peut financer le gouvernement (déficits budgétaires) et les guerres, manipuler le coût de l'argent (taux d'intérêt), intervenir directement dans l'économie en renflouant des institutions en faillite (banques) ou des pays en faillite (Grèce, etc.), intervenir sur le marché des changes étranger et même influencer des élections -- alors se pose la question de savoir si tant de pouvoir doit être dévolu aux membres de la Fed qui sont un "groupe de réflexion" constitué d'universitaires dont la plupart n'ont jamais travaillé dans le secteur privé.

Le pouvoir énorme de cette Fed "universitaire" donne froid dans le dos. Mon ami Fred Sheehan a récemment cité une conversation entre Johann Peter Eckermann et Goethe, le 1er février 1827. Ils parlent de ces professeurs qui, après avoir trouvé une meilleure théorie que la leur, l'ignorent quand même :

"Il ne faut pas s'étonner", dit Goethe, "que de telles personnes persistent dans leur erreur car elles en sont redevables pour leur existence. Elles devraient tout réapprendre et cela serait très gênant".

"Mais comment leurs expériences établissent-elles la vérité lorsque la base de leur évaluation est fausse ?"

"Ils ne font pas la preuve de la vérité", répond Goethe, "et telle n'est pas leur intention ; le seul intérêt de ces professeurs est de prouver leur propre opinion. Pour cela, ils dissimulent toutes les expériences qui révéleraient la vérité et montreraient que leur doctrine est indéfendable. Ces universitaires -- qu'en ont-ils à faire de la vérité ? Comme les autres, ils sont parfaitement satisfaits s'ils peuvent babiller empiriquement ; voilà tout le problème".

Heureusement, il existe une institution qui exerce un contrôle sur les intellectuels de la Fed ; elle s'appelle l'économie de marché. Comme je viens de l'expliquer, la Fed est une organisation extrêmement puissante mais, avec le temps, l'économie de marché est une force encore plus puissante qui peut se montrer plus maligne que les intellectuels parce qu'elle possède une grande capacité d'adaptation et est dynamique. Ainsi, depuis la mise en oeuvre du QE1 fin 2008, la masse monétaire a explosé mais l'économie "réelle" n'a guère réagi.

Je sais que les néo-keynésiens avanceront que la Fed n'a pas suffisamment étendu ses achats d'actifs. Mais, comme je l'ai mentionné auparavant, M. Bernanke a déclaré lors d'une conférence de presse le 13 septembre 2012 :

"Nous pensons que cette politique [le QE3] peut faire baisser les taux d'intérêt -- pas seulement les taux des bons du Trésor mais tout un ensemble de taux, dont les taux hypothécaires et les taux d'obligations d'entreprises et d'autres types de taux d'intérêt importants".

Et qu'est-il arrivé ? Les taux d'intérêt ont augmenté. Selon David Rosenberg, nous vivons actuellement la cinquième pire liquidation de bons du Trésor à 10 ans depuis les années 1960. Même si nous sommes tous d'accord pour affirmer que beaucoup de facteurs autres que les politiques de la Fed ont eu un impact sur l'économie (régulation, Obamacare, etc.), il est clair que les QE3 et QE4 de la Fed ont complètement raté leur objectif. Voilà un exemple où l'économie de marché a gravement humilié les professeurs de la Fed.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Jeu 31 Oct - 14:06

31 oct

Bulle-maniaque : devons-nous craindre un krach ?
Cécile Chevré

Cher lecteur,

Cela n'a pu vous échapper, les Bourses se portent bien, très bien même. D'accord, de temps en temps, elles s'offrent le luxe d'une petite séance de baisse, pour souffler un peu.

"Miraculeux... Tel est l'adjectif que j'ai envie d'employer pour décrire cette semaine sur le CAC 40. Car voir le CAC 40 ne perdre que 0,32% en cinq séances alors que l'euro n'a cessé de se renforcer au-dessus des 1,38 dans un contexte de résultats semestriels moroses est plus qu'étonnant", ironisait lundi dernier Eric Lewin dans La Lettre PEA.

Et effectivement, les chiffres parlent d'eux-mêmes :
S&P 500 : + 24,24% depuis le 1er janvier
Dow Jones : +19,66%
CAC 40 : +18,15%
FTSE 100 : 15,49%
DAX : 18,97%

Impressionnant, n'est-ce pas ?

Un coup d'oeil aux graphes maintenant :

Celui du S&P 500 qui, à plus de 1 770 points, a complètement enfoncé son plus haut de 2007 à 1 560 points.

Graphique du SP 500

Celui du CAC 40, qui n'a toujours pas rattrapé son sommet de 2007 (à 6 168 points) mais est au plus haut depuis septembre 2008.

CAC 40

Comme le souligne Bloomberg, avec une hausse de plus de 24% depuis le début de l'année, c'est la première fois depuis 2003 que le S&P 500 performe autant.

Les marchés sont en phase haussière, nous le savons tous. Mais faut-il craindre une bulle ? C'est la question que je me suis une nouvelle fois posée hier en mettant à jour le portefeuille de Défis & Profits. Toutes les valeurs de notre portefeuille, ou presque, sont en très forte hausse.

Un exemple, ILLUMINA, une société spécialisée dans le séquençage génétique, qui s'est littéralement envolée depuis 15 jours, passant de 75 $ à près de 95 $. Et voilà une valeur qui prend plus de 20% en quelques jours. Les résultats trimestriels sont bons, certes, mais même des sociétés qui ont publié des résultats en dessous des attentes du consensus voient leurs cours atteindre des sommets. A vue de nez, sur la vingtaine de valeurs qui composent le portefeuille de Défis & Profits, plus de 70% ont atteint un plus haut historique.


De quoi se poser quelques questions.

Ni vous ni moi cher lecteur ne sommes assez naïfs pour croire que les arbres montent jusqu'au ciel (selon la formule consacrée) et que cette hausse va se poursuivre. Elle est bien trop manipulée.

Les marchés font le pari que la réduction du quantitative easing ("Taper") par la Fed va être repoussée à l'année prochaine, en mars, voire encore plus loin. L'élection de Janet Yellen, bras droit de Ben Bernanke depuis des années et fervente supportrice de sa politique, les a rassurés : il n'y aura pas de revirement brutal dans la politique accommodante de la banque centrale américaine.

Les derniers chiffres de l'emploi étaient en dessous des attentes et, début 2014, deux échéances de poids attendent les Etats-Unis : le vote du budget 2014 et le relèvement du plafond de la dette. Bref, il n'y a aucune raison que la Fed mette fin à l'impression de liquidité avant le printemps prochain. C'est du moins l'avis du consensus interrogé par Bloomberg.


L'article 43 de la Loi des Finances 2013 annonce ni plus ni moins que la FAILLITE de la France -- découvrez 3 gestes simples pour protéger votre patrimoine avant le 17 avril 2014...



Les marchés ont raison de se réjouir de cette perspective. Depuis début janvier, la masse monétaire M2 (qui inclut les pièces et billets ainsi que divers produits d'épargne) a augmenté de 3 000 milliards de dollars (+4,6%) dans le monde. Soit bien plus que l'inflation mondiale officielle (autour de 2%). Sur ces 3 000 milliards supplémentaires, 1 000 milliards sont le seul fait du G4, à savoir les Etats-Unis, la Zone euro, la Grande-Bretagne et le Japon. Cela vous donne une idée de l'importance de l'impression monétaire pratiquée par les banques centrales de ces pays...

La masse monétaire mondiale globale atteint donc aujourd'hui 66 000 milliards de dollars, un sommet jamais atteint.

Autre signe de bulle : la reprise des prix de l'immobilier aux Etats-Unis. Selon l'indice S&P Case-Shiller, en septembre dernier, ils avaient gagné 12,8% sur un an dans les 20 principales villes américaines, pour retrouver leur niveau de mi-2004.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Quand il s'agit de bulle, il est toujours utile de revenir aux basics et de se référer aux différentes phases de gonflement de la bulle :

Etapes d'une bulle

La plupart des médias vous diront que nous sommes en début de phase maniaque, et qu'il est encore temps de profiter de la hausse. De mon côté, je crains, même si je n'ai aucune preuve définitive sur le sujet que nous en soyons plutôt dans les dernières étapes de gonflement de la bulle.

Une analyse de Société générale publiée début octobre allait dans le même sens. La banque prévoit un S&P 500 à 1 600 points d'ici la fin de l'année (contre plus de 1 770 aujourd'hui) quand les marchés intégreront les résultats moins bons qu'attendus des entreprises. Comme le rappelle La Tribune, au second trimestre, 13% des entreprises avaient publié des résultats inférieurs de 5% à ce qu'attendait le consensus. Un pourcentage qui devrait grimper à 21% au troisième trimestre. Et Société générale de souligner "la difficulté croissante [pour les sociétés] de battre les estimations de résultats" du consensus.

Les économistes de Société générale vont même plus loin et rappellent que la fin du QE1 et du QE2 avait engendré un violent recul des marchés actions, respectivement de 16% et 17%. Si bien qu'ils anticipent un recul d'au moins 17% l'année prochaine si la Fed passe effectivement au "Taper".

Pour tout vous dire, ces marchés nous rendent tous nerveux, de Simone Wapler à Eric Lewin. Comme je le disais aux abonnés de Défis & Profits : "cette série de records boursiers ne me paraît ni saine ni justifiée par les fondamentaux économiques. Ceci dit, ne boudons pas notre plaisir, et prenons les bénéfices qui s'imposent !".

Ma recommandation : n'hésitez pas à prendre une partie de vos bénéfices quand la performance dépasse les 30% ou que votre valeur approche de seuil de résistance. Et remontez vos stops pour vous prémunir d'un retournement violent des marchés. Ainsi protégés, nous devrions pouvoir affronter les semaines qui viennent avec un peu plus de sérénité.


.

_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Dim 3 Nov - 11:28

3 nov

çà se passe de commentaires Evil or Very Mad 


Les impôts dévoyés

- Depuis l'automne 2012, la France est le pays le plus taxé au monde. Auparavant, nous n'accédions qu'au deuxième ou troisième rang des pays classés selon le critère de la pression fiscale. Mais, cette fois, nous avons réussi à nous hisser au sommet et à obtenir la médaille d'or de cette discipline. Nos impôts financent les dépenses publiques, qui pèsent 57% de l'activité économique, contre 43% pour le secteur privé. Nous sommes entourés de pays où la proportion est inverse : plutôt 45% pour le secteur public et 55% pour le secteur privé, même dans des social-démocraties comme la Suède.

Pourtant, on ne peut pas dire que les pays qui nous entourent suent la misère, ou au contraire que la France se détache de façon spectaculaire de ses voisins sur le plan des services publics. Certes, on trouvera toujours un domaine ou un autre (routes et voieries, justice, médecine, trains, enseignement primaire, secondaire, supérieur) dans lequel un pays est supérieur à l'autre.

Mais aucun pays d'Europe n'est un enfer. Pourtant, la France, malgré sa très lourde fiscalité, n'est pas un paradis. Fin 2012, les médias ont accordé une grande place au thème des people exilés fiscaux : Depardieu, Arnaud... Ils sont accusés de désertion.
Sondage

Dans l'Antiquité, l'Empire romain taxait fortement. Cependant, il n'y avait pas d'exode fiscal. Car les bénéfices d'être citoyen romain dépassaient largement les inconvénients de l'impôt et aucun contribuable n'aurait souhaité s'établir dans le monde barbare. Mais nous n'en sommes plus là.

"L'excès des impôts conduit à la subversion de la justice, à la détérioration de la morale, à la destruction de la liberté individuelle", déplorait déjà Benjamin Constant, qui pourtant en payait peu, comparé à nous.

Comment en sommes-nous arrivés à conquérir de haute lutte ce statut d'enfer fiscal ? Le secteur public vit en ponctionnant le secteur privé, les recettes de l'Etat sont l'impôt. Il est donc parfaitement logique que plus l'Etat grandit plus les impôts grossissent. C'est évident, me direz-vous, mais certaines portes ouvertes méritent d'être enfoncées.

Vous sentez bien intuitivement que, lorsqu'on dépasse le seuil de 50% de l'activité économique produite par le secteur public, il se passe quelque chose d'important. Le rapport de force change, il y a un minoritaire et un majoritaire. Gardez présent à l'esprit que dans un système démocratique la majorité est réputée avoir raison, ou tout au moins elle impose ses vues.

Aujourd'hui, ce n'est plus le secteur privé créateur de richesse qui a la main, mais le secteur public. Avouez que c'est embêtant, la majorité de l'économie ne fonctionne pas pour créer la richesse mais pour la répartir.

Tout organisme ou organisation sociale a finalement un objectif : grandir, devenir plus important dans sa sphère d'activité. C'est humain. N'importe quel employé – qu'il soit du secteur privé ou du secteur public – ne vous dira jamais spontanément que son activité est inutile, il trouvera toujours de très bons arguments pour justifier sa fonction, son travail. Pourtant, réduire la pression fiscale, c'est avant tout réduire le secteur public ; inversement, toute augmentation du secteur public conduit à augmenter la pression fiscale.

N'oubliez pas que le véritable déficit est (comptablement) de 20%. Pour le diminuer, deux voies sont possibles. La première consiste à dépenser moins, c'est-à-dire réduire les dépenses de l'Etat. La seconde consiste à taxer plus pour gonfler les recettes. Un ménage confronté à un trou chronique choisira de dépenser moins, car c'est une voie plus facile et rapide que de gagner plus. Mais l'Etat, fort des 120 000 fonctionnaires du Trésor, a les moyens de faire rentrer l'impôt et donc de gagner plus.

Presque tous les pays qui se sont réformés pour reprendre la main sur leur endettement ont décidé d'adopter le régime minceur deux tiers-un tiers : deux tiers de diminution des dépenses et un tiers d'augmentation des impôts. Mais dans un des pays les plus fiscalisés au monde, c'est la voie un tiers-deux tiers qui a été choisie à l'automne 2012. Un tiers d'économies supposées (en réalité des dépenses repoussées à plus tard) et deux tiers d'impôts supplémentaires tout de suite.



_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Mer 19 Nov - 15:19

çà m'a fait sourire donc je vous mets çà !!


Faut-il être intelligent pour investir ?
Par Sylvain Frochaux, directeur de la recherche chez Straight from The Lab
Intelligence

Faut-il être intelligent pour investir avec succès ? On parle souvent des "génies de la finance", ces personnes qui réussissent à surperformer le marché plus souvent que la moyenne, et cela de manière significative. Cette surperformance est-elle le fruit de leur travail acharné et méthodique, ou est-ce lié à des prédispositions intellectuelles particulièrement hors norme ?

En d'autres termes, est-il possible de lier le quotient intellectuel d'un investisseur à sa performance boursière sur le long terme ? Cette épineuse question a fait l'objet de plusieurs études académiques, dont je vais vous dévoiler certaines des conclusions les plus frappantes.

Pour simplifier grandement la réflexion, partons d'abord d'un constat de base : l'investisseur moyen ne peut pas battre le marché, puisque ce dernier est la somme de ses composants. Ce que gagne un investisseur est forcément perdu par un autre, car la Bourse est un jeu à somme nulle.

Faisons également l'hypothèse que l'investisseur lambda a un quotient intellectuel de 100, ce qui est plus ou moins la moyenne d'un adulte.

Ensuite, si on suppose que le QI d'un investisseur a effectivement un impact sur ses gains en Bourse, on devrait alors observer, en moyenne, une surperformance sur les personnes possédant un QI supérieur à 100. Et c'est précisément ce que démontre la première étude dont je vous parle aujourd'hui : le niveau de quotient intellectuel est très fortement corrélé à la participation aux marchés.
D'après les auteurs, plus les gens sont "intelligents", plus ils investiront sur les marchés. Plus intéressant encore, ce résultat persiste quels que soient leur niveau de fortune, de revenu, leur âge ou leur profession. Ceteris paribus.

L'INVESTISSEMENT SCIENTIFIQUE

Votre instinct saura-t-il anticiper le prochain krach ? Que disent vos émotions sur l'évolution du CAC 40 ? Votre portefeuille bénéficie-t-il d'un money management précis ?

Votre capital, durement gagné, mérite une stratégie scientifiquement robuste.

Mettez donc un terme à l'aléatoire ! Notre approche exclusivement scientifique à l'investissement vous aidera dans ce sens.

Cliquez ici pour la découvrir

Taquins, les chercheurs ont même effectué des comparaisons entre frères et soeurs. Leur conclusion : la corrélation entre QI et volonté d'investir est tout aussi forte chez les femmes que chez les hommes. On pouvait s'en douter, cette étude le prouve scientifiquement.

Enfin, cet article montre également que les investisseurs à QI élevé ont plus tendance à détenir des parts de fonds de placement et un nombre élevé d'actions (ce qui est bon pour la diversification). Leurs portefeuilles affichent généralement un niveau de risque moindre et dégagent des ratios de Sharpe plus élevés (ce qui signifie qu'ils obtiennent une performance supérieure sans prendre de risque supplémentaire).


Ces dernières conclusions sont confortées ou complétées par cette deuxième étude*des mêmes auteurs. Elle démontre que le niveau de quotient intellectuel conditionne largement les comportements boursiers, la performance et les coûts de transaction.

Cette recherche combine deux sortes de données : la performance d'investissements en actions, le nombre de transactions et les ordres limites placés par des investisseurs finlandais d'une part, et les résultats de tests de QI réalisés pendant près de vingt ans sur pratiquement tout Finlandais en âge d'effectuer son service militaire.

Résultat, les investisseurs à QI élevés affichent une aptitude supérieure à faire du market timing (c'est-à-dire anticiper les mouvements de marché) et à pratiquer le stock picking (choisir les bons titres plutôt qu'un panier diversifié). Leurs ordres boursiers bénéficient également d'une meilleure exécution, ce qui assure des coûts plus attractifs.

Un petit bémol pour finir, cependant : ces deux études ne précisent pas à partir de quel niveau de QI on devient un génie de la finance...
* L'étude mentionnée dans cet article, et bien d'autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale "Agora".



_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
domi
Anciens
avatar

Messages : 3111
Date d'inscription : 27/09/2009

MessageSujet: Re: chronique AGORA   Lun 19 Déc - 16:53


_________________
Domi
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: chronique AGORA   

Revenir en haut Aller en bas
 
chronique AGORA
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Crédibilité, vous avez dit crédibilité?
» Agora 2015: Le salon des associations Amiens Métropole
» Un trader se lâche sur BFM et ça donne!
» La Chronique de Jean Belotti !
» Un homme est tombé

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Doog et la Bourse :: Tout et plus sur notre Forum "Doog et la bourse" :: INFOS DIVERSES-
Sauter vers: